Catégorie Rendez-vous avec Hala Salem Achillas, Illustratrice, interview

L’illustration: Hala Salem Achillas!

L’illustratrice Hala Salem Achillas a un coup de crayon très féminin et un univers ingénu. Son inspiration, elle la trouve dans son enfance et l’esthétique des années 1970. Elle n’est pas dans la revendication, son objectif est le « beau ».

Comment s’organise ton travail d’illustratrice ? je mets mes idées sur un carnet que j’emmène partout, je dessine tout le temps, je note, j’écris des choses dont je veux me souvenir, et puis je prends beaucoup de photos, des lieux, des choses qui m’inspirent et me plaisent. J’ai une bonne mémoire visuelle ça m’aide aussi.

Quel est ton univers ? Je viens de la publicité donc pendant longtemps mes illustrations étaient assez influencées par ça. Avec le temps j’ai développé un trait plus affirmé. Mon univers reflète mon goût pour la simplicité, les couleurs, les belles choses et une petite dose d’humour un peu noir! Enfant j’adorai dessiner les caractères de Walt Disney, aujourd’hui dessiner des objets du quotidien et les faire paraître moins ordinaire me plait autant. La pop culture et les années 70 m’inspirent aussi beaucoup.

Qu’est ce qui t’inspires  dans les années 70 ? Le côté aujourd’hui un peu vintage, les couleurs, les motifs. Peut être une certaine insouciance qui me rassure. Visuellement c’est une source d’inspiration sans fin, entre les combo Volkswagen plein de stickers, les films sous le soleil californien, les rollers, l’overdose de paillettes! C’était une époque très avant-gardiste et visionnaire. Il y a aussi un côté « fun » et spontané, plus individuel aussi, qu’on ne trouve plus aujourd’hui où tout est tellement formaté. Et puis c’était beaucoup plus romantique d’enregistrer une cassette pour son amoureux plutôt que de lui envoyer un link You Tube sur Facebook…

Qu’est ce que tu aimes dans l’illustration ? Je serai tentée de dire une certaine liberté, mais tout dépend du travail qui est à faire. Selon les clients et les demandes l’approche est différente, avec plus ou moins de contraintes, il faut s’adapter à la demande. Mais j’adore ça, à chaque fois c’est un nouveau challenge, une nouvelle expérience. Et puis j’ai en permanence 50 idées dans la tête, être créative et avoir la chance de pouvoir l’exprimer est un sentiment qui me rend très heureuse, tout comme avoir réaliser un travail pour un client et le voir fini sur un produit, une boîte par exemple, voir que d’autres personne l’on entre les mains, c’est très gratifiant.

 Parles moi de tes célèbres Graphik candies? Graphik Candies est la ligne de stickers décoratifs que j’avais lancée en 2005, c’était un des premiers concepts en France. J’avais deux collections : les Graphiks Candies et les Kid Candies qui était la ligne enfant. Puis une mini collection : les  » i Candies ». Il s’agissait de stickers qui se collaient sur toutes les surfaces lisses et le concept a beaucoup plu. Les « I candies » étaient destinés aux téléphones portables, aux ordinateurs etc… on est en 2005 et il n’y a pas encore d’I Pad ! J’ai eu l’idée car à l’époque je collais des stickers sur mon Mac ! Très vite ils se sont vendus au Bon Marché, au Palais de Tokyo, dans des concepts stores, on les a également vu dans plusieurs émissions déco à la télé. Nous avons même exposé à Londres, puis à Maison et Objet en collaboration avec le magazine « Maison Française ». Ensuite plusieurs collaborations avec de grandes marques se sont développées; comme Lacoste Parfums, Clarins, pour qui j’ai transformé un restaurant en palais indien, avec des fresques géantes de stickers, pour le lancement d’une de leur gamme de produits solaires, le salon de la lingerie, Maison Française encore, pour qui je crée plusieurs stickers, dont celui de la fête des 60 ans du magazine.

 Tu as aussi été repérée par les célèbres frères Costes, raconte ? J’ai rencontré Gilbert Costes qui était avec son frère Jean Louis les propriétaires de l’hôtel Costes K. Ayant suivi mon parcours, Gilbert m’a proposé de l’assister à l’Hôtel Costes K. J’ai accepté et parallèlement je continuais Graphik Candies. Au début je travaillais avec Gilbert le matin et l’après midi je continuais ma marque. Entre temps, mon travail au Costes K prenait beaucoup plus d’ampleur que prévu et mes responsabilités sont devenues trop nombreuses, Gilbert a donc crée un poste pour moi de conseillère artistique, je m’occupais aussi des Relations Publiques, de la déco de l’hôtel qui est ultra contemporain. J’ai travaillé aussi avec Jean Louis sur les packagings du Costes, les produits dérivés, les menus… J’ai également mis en place des brunchs, choisi les menus, et introduit des cupcakes chez Costes ! C’était une expérience très enrichissante avec 2 frères formidables. Les choses se sont très bien enchaînées car à cette époque, les stickers ont eu tellement de succès, que des marques comme Ikéa ou BHV ont commencé à en produire, et bien sûr je n’étais plus compétitive, il aurait fallu que je m’associe à un grand groupe mais ce n’était pas du tout quelque chose que je pouvais faire seule. En même temps, devoir laisser cours à ma  créativité pour le groupe Costes, et surtout avoir leur confiance à été extrêmement stimulant et gratifiant.

Et à côté de ça tu t’intéresses à l’illustration pour enfant ? Oui c’est une suite assez logique pour moi, étant maman et illustratrice l’équation est parfaite. D’autre part cela me permet d’avoir encore un peu la tête dans les étoiles, et j’avoue n’avoir aucun problème d’inspiration concernant les enfants. Je travaille beaucoup avec une société qui fait des livres de coloriages et des activités créatives. Là par exemple, je viens de leur envoyer un cahier sur Noel, avec des pages et des pages de jouets à colorier et à découper, et je travaille déjà sur le prochain.

Contrairement à beaucoup d’illustratrices, tu n’as pas de blog ? Non, mais j’y pense! <(Oui Samar, j’ai changé d’avis depuis la dernière fois et tu as raison! je peux mettre des photos sans avoir à écrire ) > Pour l’instant j’ai mon site internet www.halasalem.com et ma page Facebook. je compte mettre un blog sur mon site internet.

Est ce qu’il y a des collaborations qui te font rêver ? Oui, collaborer avec des marques de papier peint, faire des imprimés pour des marques de mode ou de décoration, et même faire des couvertures de CD, j’adorerai faire la pochette d’un album de Mika, je suis une fan absolu ! 

Hala Salem Achillas, Illustratrice, interview

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