Catégorie Rendez-vous avec Farida Khelfa, Elsa Schiaparelli, by CESAR MONTANA pour une libanaise à Paris.com

Farida Khelfa & Elsa Schiaparelli : conversation très possible…

Farida Khelfa, Elsa Schiaparelli, by CESAR MONTANA pour une libanaise à Paris.com

Pourquoi elle ? Comme son prénom l’indique en arabe, la très chic parisienne, Farida Khelfa est unique, et en ces temps de crise, choisir une valeur sûr comme ambassadrice de la maison Elsa Schiaparelli c’est donner un sens au retour de la « Schiap » ! Elle fut en son temps la grande rivale de Coco Chanel, son nom rime avec avant-garde, et c’est au 21 place Vendôme, là où Elsa Schiaparelli avait ses ateliers que Farida Khelfa me reçoit pour une interview qu’on dirait improvisée dans l’appartement d’une amie.

Le 21 Place Vendôme est votre nouveau QG … C’est très agréable de venir travailler ici. C’est le lieu historique de la maison Elsa Schiaparelli, très emprunt de l’esprit Schiap, c’était son building, sa boutique en bas et on est excentré des autres maisons de couture, donc on est bien !

On m’a dit que vous aviez un bureau ici ? On n’a pas l’impression d’être dans un bureau, on travaille dans un appartement, c’est comme si on avait son bureau chez soi, on a la cuisine, la salle de bain, comme à la maison !

Azzedine Alaia, Jean Paul Gaultier, et aujourd’hui Elsa  Schiaparelli, les maisons de couture sont devenus vos maisons tout court ! C’est vrrai, les maisons de couture sont peut-être ma deuxième maison, Chez Azzedine Alaïa, avec Naomi Campbell, Christy Turlington et les autres filles, on logeait carrément sur place, c’était vraiment une autre époque et il était le seul à pouvoir booker les top models pendant 3 jours !

Vous étiez très proche des couturiers… Les couturiers doivent instaurer une relation avec les mannequins, c’est comme ça qu’il crée aussi. On ressent tout leur stress, et  ils nous aident à prendre de l’assurance.

Les choses ont changé aujourd’hui ? Les filles sont toujours proches des couturiers, mais c’est vrai qu’il n’y a plus de filles aussi marquantes. Elles sont toutes belles mais de manière uniforme. Autrefois, les filles étaient très belles mais très différentes, très singulière. C’est souvent le défaut qui fait la personnalité des filles.

 Je vous trouve très belle avec votre rouge à lèvres Rose shocking… C’est un hommage à Schiaparelli ? C’est une couleur que j’aimais beaucoup et maintenant c’est mon rose shocking, surtout quand on est habillé tout en noir, il faut alors quelque chose qui claque!

Vous avez été choisi pour représenter la maison Elsa Schiaparelli, comment je dois vous appeler, Muse, Égérie, ambassadrice (Rires)? Son excellence ! Je plaisante, je m’appelle Farida, j’aime qu’on m’appelle par mon prénom, et ça veut dire unique en arabe.

 Qu’allez vous faire exactement ? Ambassadrice c’est quelqu’un qui est diplomate. Je vais faire en sorte que tout marche, je vais créer des liens entre les personnes, imbriquer et lier les gens. J’aime bien l’idée de faire une équipe qui fonctionne.

Une équipe qui n’a pas encore son designer ? On l’attend notre designer, et avec lui on fera notre labo d’idées…

Vous vous êtes impliqué dans la re-décoration de l’appartement d’Elsa Schiaparelli ? Les personnes qui ont travaillé ici sont tous des amis, le designer Vincent Darré, co-décorateur de l’appartement, a signé plusieurs meubles, notamment un homard avec des tiroirs, l’illustrateur Pierre Le-Tan a réalisé une fresque sur le mur du salon, mais aussi Pierre Passebon et François d’Orléans. On est proche, et je pense qu’il vaut mieux travailler avec des gens qu’on connaît, parce qu’on sait de quoi ils sont capables.

Il y a un peu de votre âme dans ce nouvel appartement ? Oui un peu, mais l’âme de tout le monde et l’âme de schiap qui prône surtout !

Comme Elsa, vous vous êtes entourés d’artistes contemporains, ça aurait été dommage de piocher uniquement dans le passé ? Exactement, il faut regarder de l’avant, et je le dis toujours ce n’est pas la mode d’aujourd’hui qu’il faut faire, c’est la mode de demain. On ne veut pas se tourner vers le passé même si on sait qu’on a un héritage  très fort.

Comment cet héritage va se traduire? On ne pourra pas faire ce que Schiaparelli a fait, À l’époque c’était révolutionnaire, ça ne l’est plus aujourd’hui…

On peut imaginer que le nouveau designer fera appel à un taggueur comme à l’époque Elsa faisait appel à Dali (rires)? Je pense que les designers il faut le laisser travailler. Cette personne amènera avec elle, son héritage, son univers. C’est pour tout ce qu’elle est qu’on la choisira. On ne va trop se mêler et lui dire ce qu’il doit faire, on sera en étroite collaboration, mais il faut laisser la personne exercer son talent… d’expérience, quand on se mêle de la création ça ne marche jamais.

Vous vous êtes plongé dans les archives de la maison? Les archives sont une mine d’or et on a chacun une culture de la mode et Schiap a inspiré à maintes reprises !  Jean paul gaultier ne se cachent pas de s’ête inspiré du flacon du parfum shocking avec le buste de Mae West pour ses parfums par exemple, John Galliano des robes avec l’imprimé  journal… Les archives sont finalement très publiques…

Et depuis votre arrivée dans la maison Schiaparelli,  quelque chose vous a marqué ? Tellement de choses, Elsa Schiaparelli  a travaillé avec beaucoup d’artistes,  Man Ray Picasso, Picabia, Dali. Tout est d’une modernité  incroyable, le mot est galvaudé, mais avec elle, il trouvait tout son sens. Sa première création en 1927, Son pull en trompe l’œil est révolutionnaire pour l’époque. Elle s’est inspirée de la rue d’ailleurs, avec la géométrie, le Bauhauss, et de tout ce qui a fait le 20eme siècle, elle était vraiment une femme de son temps…

En parlant du 20ème siècle, on évoque souvent Coco Chanel, très peu de Schiap… Coco Chanel est revenue, Schiap non. Coco Chanel a inventé un style extrêmement sobre, elle a presque fait un uniforme pur la femme, qui était aussi révolutionnaire, mais il faut savoir que quand Schiaparelli est arrivé, c’est à dire après Chanel, elle l’a balayée d’un seul geste… Schiaparelli a fermé sa maison au milieu des années 50, elle était passé à autre chose elle avait beaucoup voyagé, c’était une grande aventurière, elle a lâché la mode, au bout d’un moment, ce qu’on peut comprendre aussi, en moins de 10 ans, elle avait fait tellement de choses : les parfums, le rose shocking, le calendrier, et toutes ses collaborations font l’esprit Schiap… c’est très impressionnant et inspirant de se plonger dans les archives.

Et vous savez pourquoi on vous a choisi comme ambassadrice? Je ne pourrais pas vous répondre (rires), Il va falloir posé la question a Diego Della Vella !

Est ce qu’il y a des similitudes entre vous deux ? Après mettre plongée dans les archives, je dis oui. On vient toutes les deux de milieux très différents, mais on a quitté notre cocon familial assez tôt, on a su partir pour être libre.

Dernière question, très personnelle, vous étiez très jeune quand vous êtes partie, vous n’avez pas eu peur ? Avant de partir j’avais peur mais le goût de la liberté m’a enlevée la peur.

Farida Khelfa, Elsa Schiaparelli, by CESAR MONTANA pour une libanaise à Paris.com
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Elsa Schiaparelli
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