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Maïté Wustner et sa maroquinerie

Je déteste les it-bags, je les trouve sans âmes, sans histoires. J’aime m’attacher à un sac, le choisir pour sa beauté, l’affectionner pour sa loyauté sans faille, et le posséder sans penser au prix. Pour confectionner un sac, il faut découper, coudre, enlever des épaisseurs, coller, mettre des renforts, faire les bords, faire les finitions. Pour deux sacs différents, il y aura deux façons différentes, ce ne sera jamais le même mode de fabrication. Et pour faire plusieurs sacs, il faut un atelier, je me suis rendue chez Maïté Wustner pour découvrir son travail, ses cuirs, ses couleurs et ses sacs !

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Comment vous choisissez vos cuirs ? Celui là, c’est du cuir de buffle, je l’ai choisi pour un modèle précis, c’est un grain naturel qui est joli, et c’est un cuir qui est assez robuste et qui viellit très bien.

Est-ce qu’il y a un cuir que vous affectionnez particulièrement et que vous utilisez souvent pour vos sacs ?  j’aime toutes les différences des cuirs. Je choisis en fonction du modèle. Le buffle pour le saxo, et après il y a les agneaux pour les pochettes en bandoulières.

Vous aimez bien les saxos ? Ce sont des modèles qui me plaisent, j’aime toutes les matières, chaque matière est différente, il y a donc tous les cuirs rigides qu’on travaillent plus en couture à la main.

Avant d’avoir votre atelier, qu’est-ce qui à susciter votre envie de vous lancer dans la maroquinerie ? Ça fait trois ans que j’ai l’atelier, avant ça j’ai travaillé chez Celine, où je travaillais en direct avec les stylistes, donc il me donnait des dessins, et je devais faire les prototypes pour savoir ce qui allait être fabriqué, ce qui allait en collection ou pour la préparation des défilés, et avant j’etais chez Hermes qui était plus qu’une bonne école, ou je faisais les sacs un par un de A à Z, je maitrisais vraiment toute la fabrication.

Quand est-ce que vous vous êtes dit, moi, je veux monter mon atelier ? J’ai toujours eu envie d’être artisan, de faire les choses par moi-même, de les fabriquer puis de les vendre. De maitriser un petit peu tout le cycle de production depuis l’idée même du modèle jusqu’à la fin.

Le stylisme c’est vous aussi ? Oui! C’est vrai que je suis seule par rapport aux Maisons Hermes, Celine, mais c’est le même procédé, en plus concentré.  J’ai une idée de départ, je fais mes croquis, je fais des volumes, puis après je fais mon choix des matières, des couleurs et je réalise mon modèle.

Il faut combien de temps pour confectionner cette petite pochette en agneau ? Un peu plus d’une journée de travail. C’est un modèle qui est assez simple, après ça dépend du modèle que vous faites, c’est assez variable.

Il coûte combien ? Le prix de la pochette en agneau est de 250 euros. Après si c’est vendu par un intermédiaire, ça peut être un peu plus cher.

Quelle est la partie de la production que vous aimez le plus ? C’est certainement pas la paperasse, ça prend beaucoup de temps, c’est le moment ou le sac est en train d’être fini, de voir qu’il prend vraiment forme et qu’il ressemble à un sac, que le résultat est joli, et que la couleur lui va bien.

Il vous est déjà arrivé de bien avancer dans la confection et de vous rendre compte que ça ne va pas du tout donc vous allez sur autre chose ?  Plusieurs fois,  les montages qui correspondent pas, l’allure qui ne va pas ou les proportions.

Un exemple ? Des essais de petites pochettes de soirées qui vont pas bien, qui ne sont pas pratiques, je fais des essais, et ça ne marche pas toujours!

Le fait d’être une femme et faire des sacs qui s’adressent aux femmes, c’est un plus ? le métier d’artisan maroquinerie c’est plus un métier d’homme, comme pas mal de métier manuel… mais ce n’est pas que du bricolage, il faut un certain savoir-faire, et des compétences, et je pense qu’en étant une femme, il y a une fraicheur qui est plus féminine qu’o ne trouvera pas forcément chez un homme. J’iame faire des choses qui restent traditionnelles et facile à porter, et les cuirs de couleurs. Quand on vient me voir, même si j’ai du noir, à la fin les clientes ne veulent plus du noir, parce qu’elles l’ont déjà. Même si le prix est conséquent, elles préfèrent avoir un sac différent.

Est qu’on vous a déjà demandé de faire un sac que vous n’aimiez pas ? Oui, et il m’est arrivé de refuser mais rarement.

C’est quoi votre style ? les formes épurées, la couleur, des choses faciles à utiliser, mais toujours simple, plutôt sobre, mais qui ont de l’allure.

Dans votre travail il n’y a pas de pièce métallique, pourquoi ? Oui, c’est vrai, j’évite au maximum. C’est une question d’esthétique et c’est pour mettre en valeur la beauté du cuir, la simplicité de la forme, pour moi c’est d’abord une forme simple, qui parle d’elle-même.

Pour les manchettes, vous avez pris ce style de l’école Hermes ?  Non, pas du tout, peut-être un peu, mais je ne regarde pas tellement les magazines de mode, je ne suis pas vraiment tout ce qui se passe en terme de tendance, moi je fais des choses que j’ai envie de porter.

Quels sont les outils que vous utilisez ? Pour le cuir, c’est la pointe de coupe, des ciseaux, des règles etc. chaque outil a sa fonction, on ne s’en sert pas pour deux choses différentes, pour chaque technique il y a des outils différents.

Est-ce que vous avez un carnet de notes ou vous mettez parfois des petites astuces en travaillant un certain cuir ?  Tout est dans la tête, c’est en fonction de l’expérience qu’on apprend ces choses-là, en fonction des essais, en voyant comment les choses ont été faites avant, c’est un savoir-faire qu’on apprend au fur et à mesure, mais on arrête jamais d’apprendre.

Maïté Wustner atelier
17 rue Hélène • 75017 Paris
www.maite-wustner.fr

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