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L’atelier de Dice Kayek

Quelques jours

avant son premier défilé Dice Kayek, la créatrice Ece Ege nous avait reçu dans l’atelier qu’elle occupe depuis 6 ans. La marque lancée à Paris il y a 20 ans par les deux sœurs d’origine Turque, rentre dans le calendrier officiel de la Haute Couture. Beaucoup de créateurs profitent de cette semaine de la haute couture pour présenter leur collection à Paris, capitale du Beau mais très peu font partie de ce calendrier officiel, réputé pour son exigence. La haute couture est une appellation d’origine contrôlée, Nous avons voulu savoir comment la créatrice qui prône la qualité sans fioritures a préparé cette « première fois ».

En attendant de découvrir sa nouvelle collection…

 

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Comment on rentre dans le calendrier officiel de la Haute-Couture, on fait une demande ? Effectivement, on fait une demande, mais après il faut fournir un dossier assez complexe je l’avoue, avec un questionnaire, sur les chiffres de la maison, le nombre d’employés, des précisions sur leur savoir-faire, un historique très précis de la maison. J’ai beaucoup apprécié, ce niveau d’exigence, La haute couture française reste quelque chose d’unique au monde.

Et comment vous l’avez vécu ? Je suis très heureuse d’être acceptée dans ce calendrier officiel, C’est un marché de niche. Et concernant la présentation c’est un grand défi pour moi.   C’est un « grade » de plus qui rentre dans la continuité de ce qu’on fait.

Pour cette première collection, vous aviez fait appel à des ateliers extérieurs ou tout a été conçu ici ? Tout a été fait dans nos ateliers, dans cette pièce juste à côté, de l’élaboration des matières à la moindre broderie.

Et combien de silhouettes allez-vous présenter ? 15 silhouettes !

Et on doit s’attendre à beaucoup de broderies et d’opulence parce que vous êtes une créatrice turque (rires) ? Ah non pas du tout ! Je vais présenter ce que j’aime vraiment. Des silhouettes épurées, On est en 2014, on a plus besoin de longues traines… La vie est assez compliquée pour s’habiller de manière chargée, Ce qui compte c’est la qualité ! il faut porter de la qualité, manger de la qualité et voyager en qualité.

Voici une belle définition du luxe ! Ça reste très exclusif et c’est le seul secteur qui ne connaît pas la crise…

Non seulement il ne connaît pas la crise, mais chaque année, ce secteur ne cesse de prospérer ! Voilà pourquoi je parle de qualité. Voilà pourquoi mon exigence est la qualité, dans le choix des tissus, le montage, les matières premières, et même dans le design de chaque robe il faut que ce soit épuré. Et plus la tenue est épuré, plus sa réalisation est difficile, car on voit le moindre défaut.

Vous allez présenter beaucoup de robes ? Je ne vais présenter que ça, mes 15 silhouettes sont des robes !

Pas de pantalons ? Les pantalons ce n’est pas de la Haute Couture, et je n’aime pas les pantalons !

C’est pratique un pantalon ! Oui c’est pratique, mais ça n’embellit pas. Sauf si on a un corps de déesses et toutes les femmes n’ont pas un corps de mannequin.

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Alors revenons aux robes ! Même épurée, vos robes sont d’une extrême féminité et même sans aucun décolleté, elles sont sensuelles !

Ah oui il n’y a pas de décolleté ! Vous voyez même en juillet je porte une chemise fermer jusqu’en haut !

Mais c’est d’une féminité extrême finalement !

Parce que la féminité, n’est dans le décolleté, mais dans la forme de la robe !

 

Et quelle forme vous travaillez pour garder cette féminité ?

Avant tout je marque à la taille, Il n’y a rien de plus féminin. Même mes clientes les plus rondes, veulent souligner leur taille, ça reste la partie la plus féminine du corps d’une femme. Elles ne veulent pas montrer leurs fesses, les bras, mais la taille fait toujours l’unanimité.

Vous avez aussi des robes ou la taille n’est absolument pas marqué et très féminine !

Oui, ce que j’appelle des robes boîtes comme celle que vous portez aujourd’hui. Il y en a deux dans cette collection haute couture, mais le reste est très constructif.

Très architecturé ?

J’adore la construction et l’architecture éternellement. Ma première source d’inspiration. Dans la rue, je ne regarde pas les vitrines des boutiques, j’ai toujours la tête perchée, je regarde les bâtiments. Et où que j’aille dans le monde, toutes les constructions sont intéressantes. J’essaie de créer des robes intemporelles qui n’appartiennent à aucun moment, ni au futur, ni au passé, mais à maintenant.

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Et en terme des couleurs où avez vous puisez votre inspiration ?

Je ne suis pas très couleur dans l’absolu, j’aime le blanc et le noir. Mais là j’ai choisi de faire du colorblock, on a un bleu roi, du coquelicot mais aussi un rose poudré, les couleurs sont fortes, comme ce jaune mimosa. J’ai puisé mon inspiration dans la construction d’une fleur, chaque robe est une fleur, mais ce n’est absolument pas romantique. Je me suis inspirée des fleurs carnivores, celles qui attrapent les mouches !

Et votre robe signature ? Absolument somptueuse en différentes couleurs !

Elle revient à chaque saison, elle se décline en feutre, en satin, entièrement brodé, on a même la version Or très brodée et très lourde, Tout est fait à la main par les couturières car on ne peut pas piquer les matières à la machine

Petite question pratique, une robe haute couture on la nettoie au pressing ?

Non, enfin je ne sais pas ! De toute manière la haute couture ça ne se porte qu’une seule fois !

Après elle est exposée ?

Oui et ça va dans les archives, dans une fondation ou dans un musée, ce ne sont pas des robes longues, vous ne pouvez pas le mettre deux fois !

Honnêtement je pourrais porter ces petites robes tous les jours !

J’adore ! Avec des baskets ça serait tellement cool !

 

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Ça doit détendre les baskets aux pieds avant un premier défilé dans le calendrier Haute couture ?

Vous savez quoi ? Avant, j’avais très peur du jugement. Maintenant, ça ne préoccupe absolument pas. Je crois en ce que je fais. Du moment que je fais de la qualité et que les clientes sont heureuses, je suis sereine. Et la création est quelque chose de subjectif. On n’apprécie pas les choses de la même manière.

Vous êtes aussi dans un créneau plus confidentiel, je ne vous vois pas vendre des parfums …

Je n’ai pas envie de vendre tout et n’importe quoi. Je crée des vêtements. L’industrie de la mode est un marché qui brasse des milliards, effectivement on ne peut pas toujours être exclusif, il faut aussi avoir beaucoup de moyens, parce qu’on ne peut pas faire que du créatif, j’ai aussi élargi mes produits pour vendre plus, mais aujourd’hui je veux me concentrer sur le créatif…

J’imagine qu’on ne verra pas une ligne de cosmétiques Dice Kayek ? Mais les chaussures ?

Jamais de beauté ! En revanche, J’adore les chaussures, ce sont des sculptures. Pour cette collection haute couture, on a confectionné des ballerines à talons, assez imposantes, elles galbent les jambes, et sont très facile à porter avec un élastique. Certaines sont entièrement brodées en cristal jaune et gris, et il y a les basiques couleurs chair et noir.

 

 

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