Catégorie Les carnets de François party-at-les-bains-douches-paris-france-conde-nast-traveller-28nov14-foc-kan__1080x720

Bains de Minuit

Je n’étais pas né quand Jacques Renault et Fabrica Coat ouvrirent le club à la fin de l’hiver 1978. A peine, quand Hubert Bokobza et Claude Challe le reprirent en 1984 pour en faire LE lieu incontournable des nuits parisiennes. Jeune adolescent imbibé d’images télévisuelles, et déjà avide de nostalgies iconographiques, je découvrais le très célèbre « Bains Douches » dans des émissions tape à l’oeil de la fin des 90’. Dans mon imaginaire, nourri d’images de l’INA, Ardisson y officiait avec sa verve, accompagné de son pousse-au-crime Baffie dans un décor mi-paillettes, mi-baroque, à la fois chic et sombre. Puis ce fut l’ère des Guetta, David et Cathy. Epoque dont parlait les émissions de Delarue, pour un oui, pour un non ; surtout pour un non, prétexte facile pour inviter les inutiles Basile de Koch et Frigide déjà Barjo – pas encore trop catho – à nous livrer leurs « moments de vie des Bains ». J’avais en tête l’image d’un Djamel, déjà très drôle, et pas encore embourgeoisé, faisant le zoive à l’entrée des Bains, très fier d’en être devenu un taulier. Celle de mannequins 90’s à la Claudia et Carla, se pavanant sur la piste. Celle des égéries cœur à vif à la Romane Bohringer, prête à bondir dans la piscine au moindre battement de cil. Trop jeune, trop loin, je voyais cet univers m’échapper.

aux-bons-souvenirs-des-bains-douches,M207966
david-et-cathy-guetta
les bains paris

Puis vint le temps des années fric et porno chic à la Tom Ford, qui soufflèrent le glas sur l’ère Glam-trash des Bains Douches canal historique. Les années 2000 et leur apologie du Bling ouvrirent un boulevard aux grands espaces aseptisés, temples de prédilections des nouveaux russes. Las, je pensais encore une fois que j’étais né trop tard.

Alors quand mon pote Samy, le copain de ma Belle Hélène, nous proposait d’aller faire un tour aux nouveaux « Bains », je répondis plus que positivement à l’invitation. Je m’attendais, pour être honnête, à être forcément déçu par cette nouvelle version « c’est un restaurant surtout non ? ». Accueillis à l’entrée par un physio nordique, à l’allure sculpturale, et plutôt sympathique, nous entrons dans l’hôtel-restaurant-club sans trop savoir où aller. Le club est encore vide – il n’était que minuit trente – direction le bar du restaurant. Et là premier choc : esthétique. Le restaurant n’est pas beau ; il est magnifique. Un toit vouté couleur rouge sombre rappelle les formes massives et enveloppantes du Léviathan d’Anish Kappoor. L’ambiance lumineuse très tamisée crée cette atmosphère subtile et chaude qui incite forcément à boire et à se dandiner en susurrant des mots évocateurs à son voisine ou sa voisine. La salle n’est pas pleine à craquer mais l’ambiance donne envie. Après deux verres, nous rejoignons le club qui a fini par se remplir. Et là deuxième choc : le son est très bon. Les gens dansent, sourient. Certains semblent avoir déjà rejoint des contrées que seuls eux connaissent. Les filles, comme notre Chloé, ondulent comme des sirènes au pays des merveilles, transportées par le beat electro 80’s.

Les-Bains-nouveaux-sont-arrives_article_landscape_pm_v8

L’ambiance est bonne, très bonne. Au point même que les gens se parlent, sans se connaître, juste pour se parler. Après quelques verres, après quelques vas-et-viens, je me laisse à penser que peut-être cette ambiance se rapproche de ce que ça a pu être. Et puis en fait, peu importe ce que ça a été, je me dis avec conviction en quittant lieux que j’ai envie de faire partie de ce que cela pourrait devenir….

Même la mythique piscine est là…

Prochaine étape : un Bain de minuit. Pas besoin de douche

 

A suivre

#CarnetsdeFrançois

 

D'autres carnets de François