Catégorie Pimp ta vie unelibanaiseaparisChloé

All I want for Christmas is…

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Noël est peut-être la seule fête qu’enfants et adultes aiment sans s’en lasser. Là où, le temps passant et l’âge venant, certains attachent progressivement moins d’attention à leur anniversaire (quand d’autres décident de ne plus le fêter, certain(e)s notamment pour plier la flèche du temps et arrêter leur âge au chiffre qui leur convient), je suis chaque fois étonnée de voir mes aînés s’enthousiasmer comme des enfants à l’approche des fêtes. Après tout, une fois les appareils dentaires délaissés et les petits devenus grands, nous quittons tous nos vieilles habitudes ; adieu crêpes retournées, poissons blagueurs, déguisements du mardi et autres délices d’autrefois. Mais Noël…

Enfant, évidement, j’aimais d’abord Noël pour les cadeaux qu’un étrange personnage me déposait chaque année, le premier étant l’excitation que sa venue provoquait chez moi (je refusais d’aller me coucher et me cachais régulièrement derrière les portes du salon pour surveiller la cheminée, l’idée qu’un si gros bonhomme puisse passer par un si petit conduit m’intriguait, surtout avec un vélo, un tableau d’école ou une selle de cheval ! précieuse crédulité…). J’ai ensuite découvert les joies de l’ornement en couvrant le sapin de boules et guirlandes (ce dernier reflétait souvent mon goût du moment, suivant le chemin tortueux de mon parcours modesque, certains exercices de style furent mémorables), avant d’apprécier enfin le gargantuesque repas de Noël (une fois mon aversion pour tout ce qui n’avait pas la forme d’un findus passée). La liste est longue des choses que le traîneau contient (les chants, le vin chaud, le rouge, le vert, le rouge et le vert, le gui, les marrons chauds, les feux de cheminée…) tant Noël n’est pas une fête mais un monde entier qui s’ouvre chaque année. Et de ce monde, il est une chose que j’aime par-dessus tout : sa lumière.

Quand je pense à Noël, c’est la première chose qui me vient à l’esprit, me réjouit, sa, ou plutôt ses lumières ; celle grise et brumeuse des matins de décembre, ce gris-souris qui n’a rien du gris-pourri que je maudis les mois d’automne ou de printemps quand Paris se fait râleur ; la lumière éclatante des jours de ciel bleu où le soleil réchauffe les gorges écharpées et les mines hivernales ; la lumière des nuits de fin d’année, qui n’est pas encore celle, noire, des mois de janvier et de février, son bleu profond qui se fond dans le soir et que viennent souligner les centaines de milliers de guirlandes qui jaillissent de toutes parts et éclaboussent la ville de couleurs, les jaunes, les blanches, les bleues, les rouges, les vertes, celles qui enjambent nos avenues ou dégringolent des immeubles, celles qui grimpent aux poteaux ou habillent les balcons, les clignotantes, clinquantes, comme les plus tamisées, ces discrètes élégantes, partout elles nous invitent à célébrer, aimer, rêver (et acheter, disons-le). Jamais me semble-t-il Paris ne porte mieux son titre de Ville Lumière.

Avant de mourir, l’immense Goethe aurait soufflé ; « plus de lumière ». Nul besoin d’un si tragique départ, Noël exauce chaque année son souhait, qui est aussi le mien.

 

Claude

 

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Contributeur photo: Nina Koltchiskaya

 

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