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Le tableau de mon enfance

On a tous nos madeleines de Proust. Vous savez, ces multitudes d’images et de souvenirs qui s’enfouissent peu à peu dans les méandres de la mémoire, mais, qui se réveillent en un rien de temps à la moindre occasion. Je vous fais ici le récit d’un de ces réveils soudains qui m’a provoqué un vrai plaisir.

Enfant je jouais beaucoup aux jeux de société : de la Bonne Paye au Monopoly, en passant par le Trivial Pursuit ou Risk, tout y passait !

Il y avait un jeu qui me plaisait particulièrement, c’était « Vente aux enchères ». Ca ne vous dit rien ? Normal. Je ne suis pas sûr qu’il ait rencontré un succès aussi large que ceux mentionnés juste avant. Le principe : je ne m’en souviens plus très bien, mais comme son nom l’indique, ça devait fortement s’inspirer des règles de la vente aux enchères, c’est à dire, proposer le prix le plus élevé pour une œuvre d’art. Parmi les tableaux que l’on pouvait acheter ou vendre, il y en avait que j’aimais bien. C’était celui d’un cavalier au regard heureux, moustachu à la mine rieuse, avec cet air de bonhommie des gens qui se portent bien.

Quelques années plus tard – enfin une petite vingtaine d’année après, et oui le temps passe.. – je suis à Londres en week-end. Toujours avide de découvrir de nouvelles choses, je me rend à la « Wallace Collection », une maison-musée qui présente les collections privées accumulées pas plusieurs générations de Lords anglais aussi riches qu’avertis.

Partout des trésors s’offrent au visiteur: des salles d’armes et armures en tout genre aux chef-d’œuvre italiens, français, flamands, que du grandiose. La visite au 1 er étage se termine par une imposante galerie remplie de tableaux, c’en est presque trop ! C’est au moment de quitter la salle, que cette bonne vieille madeleine me tombe dessus : face à moi, en vrai, le tableau de mon enfance. J’ai eu un choc. J’ai repensé à toutes ces parties avec mon frère et ma mère, complices ou victimes de ma frénésie de joueur.

Ce tableau, c’était le bien nommé « Cavalier Rieur » du peintre flamand Franz Hals.

Vive les madeleines, de Proust.

A suivre.

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Hals F. le cavalier rieur 1624

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