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ROCK THE CASBAH IN TANGIER

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“Je lui dirai les mots bleus, les mots qu’on dit avec les yeux”. Longtemps les paroles des “Mots bleus” sont restées énigmatiques pour moi. Christophe, ce poète de la variété, savait mieux que personne mêler la douceur de la mélodie avec l’intensité des mots. Depuis plusieurs années, il occupe une partie de son temps à Tanger, la grande ville du nord du Maroc, et c’est en m’y rendant récemment que j’ai eu l’impression de ma rapprocher de la vérité. Tanger n’est pas bleue, mais plutôt blanche. C’est sa petite cousine, Chefchaouen, la fameuse ville bleue, qui aurait pu lui inspirer ces paroles. A mon avis il n’en fut rien, mais j’ai aimé l’idée. Mais c’est surtout parce qu’en arrivant à Tanger, je me suis représenté Christophe, déambulant dans cette ville mystérieuse, entouré de volutes bleues, pas celle de Serge, mais celles de la mélancolie, du mystère, de la passion amoureuse, des drogues aussi. Je n’avais pas d’idée bien claire sur ce que pouvait être Tanger. Juste quelques histoires, celle d’une bonne société internationale qui venait y chercher un peu de soufre et de liberté des années 1930 à 1970.  Celle de l’américaine Barbara Hutton, la fameuse “pauvre petite fille riche”, héritière des magasins Woolworth, qui s’y installa après la guerre et fit de sa maison un haut lieu de la vie mondaine, artistique et culturelle. Tanger a cette particularité d’avoir été occupée par un peu tout le monde : les portugais, les anglais, les française et a même été de 1923 à 1940 une zone “franche” administrée collectivement par les grandes puissances occidentales. De ce melting pot, la ville a gardé une architecture diversifiée, où dans la Medina, des immeubles de style italien, côtoient des immeubles purement français ou plus loin des bâtiments espagnols. Autant d’histoires qui hantent la ville, et que les guides à la sauvette aiment bien raconter au chaland de passage.

 

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Attention TANGER….. . Definitely

A suivre

#CarnetsdeFrançois

 

 

A Tanger échouèrent des personnages que la vie rangée de nos contrées incommodait. Là-bas ils y trouvèrent une liberté assez fascinante…C’est sûrement tout ça qui avait contribué à faire de Tanger un haut de la jet-set dévergondée attirant à la fois des américains riches en mal d’aventures, et des stars du rock (les Stones en premier lieu) en mal d’expériences.  Si le mythe s’est un peu érodé avec le temps, un Tangérois d’adoption rencontré par l’intermédiaire d’un ami, nous raconte quelques anecdotes d’aujourd’hui. Simon-Pierre appartient à  cette catégorie de gens qui vivent leur vie comme un roman. Après deux ans en Inde et autant à Moscou il est arrivé à Tanger il y a 12 ans pour s’occuper de la librairie des Colonnes –  librairie historique du Tanger éclairé que Pierre Bergé a achetée pour la sauver. Il nous raconte l’histoire d’un irlandais farfelu et surtout escroc qui se faisait appeler “Le Roi d’Irlande”, et qui poussait le vice jusqu’à vendre des vrais titres de noblesse à des nantis en mal de reconnaissance. Il retrouvait souvent une drôle de cour chez un excentrique anglais comme lui qui vit à Tanger depuis près de 30 ans et qui a pour animal de compagnie un Coq géant en liberté et pour majordome un … nain. Après s’être fait remarquer par les autorités anglaises de Tanger, le pauvre Roi qui vivait dans un 2-pièces cuisine a fini par quitter la ville sans laisser de trace.

Dans un registre plus “ordonné” la ville reste un lieu de villégiature de prédilection pour BHL et Arielle Dombasle, dont la villa, sur la mer a été refaite par André Putman. Elle jouxte le mythique café Hafa, construit en 1921 et dont les terrasses en escalier sont le lieu de rendez-vous de la jeunesse du coin, qui vient boire le fameux thé à la menthe. Autre Tangérois de coeur, Bruno Frisoni y a une belle maison blanche dans la Casbah et ne manque jamais de donner ses bons plans dans la ville comme par exemple le Cinéma le Rif, de style Art Déco, et qui continue de programmer un cinéma d’auteur exigeant.

Des histoires, en veux-tu en voilà, que les locaux véhiculent à loisir pour préserver l’atmosphère particulière de cette ville. Le petit-déjeuner sous le tilleul du Morroco Café dans la Casbah vaudrait à lui seul le voyage (pas pour le café, bien qu’il ne soit pas mauvais) mais pour le charme absolu qui s’y dégage……

 

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