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Carnet de Bals

On n’en fait pas assez des Bals. C’est vrai. On fait des teufs, des apéros au grand air, des diners entre amis, des dinettes entre copains, des beuveries entre collègues. Mais des bals, jamais.

 

Il faut dire que les ingrédients d’un bal réussi, ou tout simplement d’un bal, ne sont pas faciles à réunir. Tout d’abord il y a le lieu et l’adresse : point de bal sans palais, sans apparat, sans faste ; et qui plus est dans un cadre naturel hors norme. C’est sûr qu’un Bal dans un « 2 pièces » aux Abbesses ça le fait pas trop… tout branché que puisse être devenu ce quartier. Ensuite, il y a la « crowd »  – ou plus vulgairement les « gens » ou l’assistance, mais crowd sonne mieux :  point de bal sans jolies femmes à l’allure élancée et drapées dans des robes longues, point de bals sans gentils hommes en cravate noire et chevelure soignée aux carrières aussi brillantes que passionnantes, point de bals sans « celebs » (encore un mot anglais pour dire « célébrités – j’assume mon côté Jean Claude Vandamme – ) écrivains, penseurs, politiques, patrons, ou simples peoples. Là encore, difficile de changer son cercle d’amis pour les besoins d’une soirée. Enfin, il y a le thème, qui n’est pas obligatoire, mais qui donne cette touche transgressive et décalée : bal de têtes, bal noir et blanc, bal vénitien…  C’est un peu plus chic que la pourtant très en vogue « soirée stations de métros ».

 

bal masqué_une libanaise à paris
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Alors quand la sémillante Esther envoya son mail d’invitation pour un Bal Surréaliste à l’occasion de son anniversaire, je ne pouvais que bondir sur l’occasion. Enfin les ingrédients du Bal, avec un B hyper majuscule, allaient être réunis : un cadre grand genre en plein 7ème arrondissement, un thème audacieux, et très certainement l’assurance de trouver une « crowd » à la hauteur de cette audace.

Le thème déjà n’était pas sans rappeler LE bal surréaliste qui restait dans les mémoires des gens du monde ou de ceux qui y aspirent : le célèbre bal donné par Guy et Marie-Hélène de Rothschild au château de Ferrières en 1972. Imaginez Salvador Dali en train de converser avec Audrey Hepburn en Givenchy, croisant ensuite le Baron de Rédé assis à côté de Marie-Hélène de Rothschild, coiffée d’une tête de cerf pleurant des larmes en diamant….

Avant ça, d’autres bals avaient déjà rythmé la vie sociale internationale des happy-few, parmi eux le Black and White Dance on Monday au Plaza à New York en 1966, avait définitivement assis Truman Capote comme une figure incontournable de la jet society chic et lettrée de l’époque. Quelques années avant, en 1951 Charles de Beistegui avait donné ce qui reste encore appelé aujourd’hui LE BAL DU SIECLE. Rien que ça. 1500 invités et parmi lesquels la crème de la crème de son temps, s’étaient retrouvés dans le somptueux Palais Labia sur le Grand Canal à Venise, célèbre pour ses fresques de Tiepolo, tous parés de costumes fastueux réalisés par les plus grands couturiers de l’époque (Dior, Jacques Fath, Nina Ricci, Pierre Cardin…)

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chateau ferriere
bal surrealiste

Mais revenons à notre bal surréaliste version 2015. En hommage au grand bal de Ferrières nous avions décidé avec mes amis d’arriver en cravate noire pour les hommes, robe cocktail pour la femme (point de parité dans cette opération) simplement munis de masques d’animaux sur la tête. Oublié l’inconfort de porter un masque, je dois dire qu’on faisait plutôt de l’effet : pour ma part j’étais en Zèbre. L’ambiance, sans être délurée, était festive. La foule d’invités avait carrément joué le jeu du thème, des falbalas, des peintures de Magritte, des Comtes de Münchhausen, des évocations de Man Ray.  Tout y était. Manquait peut-être un ou deux « celebs », toujours utiles juste pour dire qu’on les a croisés.

 

Pour les « celebs », il parait qu’on peut les trouver aux Bains. Mais ça j’en ai déjà parlé.

 

Alors  à quand le prochain Bal ? Venise peut-être ? Mes amis de la Cavalchina se reconnaitront.

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A suivre

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