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À vos malles, prêts, partez… 

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Samar Seraqui De Buttafoco Une libanaise à Paris
Samar Seraqui De Buttafoco
Une libanaise à Paris Samar Seraqui De Buttafoco
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Le titre de l’exposition est évocateur : Volez, Voguez, Voyagez. La maison Louis Vuitton, malletier s’il en est et symbole du Luxe à la Française, inaugurait début décembre une exposition ambitieuse au Grand Palais autour du voyage. 

Bien que déjà conquis à l’idée de m’y rendre, – j’ai une passion pour les expositions et manifestations du Grand Palais et pour les expositions en général – je n’ai pu m’empêcher de penser: « tiens, encore une exposition sur une marque »… On le sait les marques de Luxe aiment ancrer leurs produits contemporains dans une histoire qui les lie à un temps que plus personne ne connaît. Les maisons françaises ont sans doute, plus de chances que les autres: leurs histoires sont bien réelles, et regorgent de choses à raconter. Dans le cas de Vuitton, tous les éléments sont là: une marque fondée en 1854, un héritage artisanal qui trouve ses racines dans les fondements de l’exigence à la française, une dynastie familiale, et bien sûr … cette ode au Voyage, qu’il soit en train, en bateau, en voiture ou en avion.

Il ne restait donc plus qu’à trouver la bonne manière de magnifier cette histoire, et de la mettre en scène. Et c’est là où la maison Louis Vuitton a très bien fait les choses. En confiant le commissariat d’exposition à Olivier Saillard (Directeur du Musée de la Mode) et la Direction artistique et la scénographie au génialissime Robert Carsen, la maison LV s’offrait le luxe d’une exposition haut de gamme, à la fois rigoureuse du point de vue de sa muséographie et somptueuse par sa mise en scène.

Organisée de manière thématique, l’exposition nous plonge dans tous les travers de la Malle Vuitton, indispensable compagnon du voyageur élégant et aventurier. Jamais je n’avais vu autant de malles et j’ai été très surpris de réaliser à quel point Vuitton avait poussé aussi loin l’innovation et l’imaginaire autour de cet objet. On trouve des malles pour à peu près tout ce qui peut servir en voyage: la malle à vêtements, avec ou sans tiroirs, la malle à livres (celle d’Yves Saint Laurent est exposée), la malle « lit dépliable », la malle pour l’avion, la malle pour le bateau, jusqu’aux premiers « sacs » de voyages ou autre steamer bag pour parfait Yachtman.

Côté décor, Robert Carsen nous plonge tout autant dans un univers qui évoque l’évasion vers le grand large – avec comme objet phare son Avion hélice qui sort du mur ou le superbe wagon de train en acajou, que dans les racines d’une France verdoyante avec ses murs d’arbre, dont le très beau Chène de Flagey de Courbet à l’entrée est la meilleur évocation. Quelque part je retrouve des éléments de la scénographie que Carsen avait développée pour la très belle exposition Les Impressionnistes et la Mode au Musée d’Orsay.

Tout au long de l’exposition, le présent côtoie habilement le passé. Les nouvelles éditions de malles jouxtent leurs inspirations historiques; les éditions limitées «Art contemporain » de Sprouse, Murakami ou Hirst s’inscrivent bien dans le parcours et les tenues Vuitton by Nicolas Ghesquière ne sont là que pour magnifier l’objet phare de l’exposition: la malle Vuitton.

Alors Volez, Voguez, Voyagez…

A suivre.

 

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